Le 28 décembre 1913,
Cher Journal,
Ce début d'année, nous la passons à attendre l'arrivée des nouveaux petits-enfants. Je ne sais pas si c'est ces futurs naissances qui redonne le sourire à Phélomène mais j'observe un mieux chez elle. Peut être parviendra-t-elle a oublié ce fils aîné? Elle réussi désormais à parler avec Georges sans lui faire de réflexion et elle me regarde de temps en temps. Evidemment, la conversation est encore très mince. Bref, le 6 février 1913 est né Jean, fils d'Apolline et Auguste. Un mois plus tard, le 16 mars, c'est Honorine qui a mit au monde Louise. Deux magnifiques bébés qui font de nous des grand-parents fièrent. Que j'ai hâte de voir Georges et Justine fondait leur propre famille...



L'euphorie des naissances passait, nous reprenions notre vie quotidienne plus serein que l'année précédente. Quel bonheur de revoir Phélomène près du poulailler ... Cela n'était pas arrivé depuis ... depuis... enfin tu sais. Georges est plus proche que jamais de Fifi, il s'est mis en tête de lui apprendre des tours ... Je ne comprends pas toujours ce gamin. Quelle perte de temps mais que dire ? Justine est une bonne cuisinière, pas autant que ma Phélomène mais ça viendra. Elle tricote aussi très bien désormais ... Augustine fait de merveilleuses compositions de fleurs. Elle me les donne et je les vends régulièrement sur la place du marché ... Cela nous aide beaucoup. Elle est la seule de mes filles à ne pas s'intéresser aux garçons malgré ses seize ans ... Bizarrement, j'en suis content ... J'aimerai la garder près de moi encore quelques temps. Et Joséphine, encore si jeune ne pense qu'à jouer dans le jardin. Ces deux ans "loin" de sa mère l'ont rendu indépendante ... Je l'a sent tellement solitaire ... J'espère que ça changera à l'avenir.







A la fin de l'été, Georges et Justine nous ont annoncé attendre leur premier enfant. Quel joie ! J'espère de toute mes forces que l'enfant à naître sera un garçon ... Que le nom "De Lahaute" soit sauf ! Pour l'occasion, nous avons reçus les parents de Justine à la maison. Ce sont des gens charmants, nous avons partager notre bonheur ensemble. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Victorine est elle aussi enceinte. Je sens déjà que l'année 1914 s'annonce riche en évènements.




Je me sens revivre .... Je perçois enfin la joie autour de moi ... C'était sans l'intervention de Victor, mon ami. Nous l'avions reçu mi-novembre avec Liliane et ses filles. Tous s'est formidablement bien passé... mais Victor ne semble pas rassuré. Il est persuadé que les conflits politiques qui durent depuis quelques années vont mal terminés. Il pense sincèrement que la guerre est proche, qu'elle arrive. Il a peur pour ses fils ... Je t'avoue que moi, je n'ai pas écouté les actualités ... et que je peine à croire que nous rentrions en guerre. J'ai confiance en mon pays ! Et que si par malheur, la France devrait se battre contre l'ennemi, je serai fier que mes garçons se battent pour leur patrie. Bien loin de ses discussions, Justine et Phélomène discutent avec Liliane de choses de femmes. Et les gosses s'amusent à lancer leur fer le mieux que possible.




Le 23 novembre, notre Joséphine est devenue une jolie jeune fille de treize ans. Elle est le portrait craché de sa maman. Le temps passe si vite ... Je réalise que je suis le seul à ne pas m'inquiéter sur le sort de la France. Un soir Phélomène est venu me parler ... Elle me demandait ce que je pensais des évènements, des rumeurs. Liliane lui en avait parlé, Victor inquiète sa famille. Je lui ai dit de faire confiance en notre patrie et de ne pas s'inquiéter trop vite. De profiter de notre bonheur présent. Ensemble. Elle m'a regardé, a baissé la tête et m'a pris la main. Comme un gosse, j'ai senti mes mains devenir mouates au contacte de la peau de ma Phélomène ... Le pardon semble proche. Du coté de Georges et Justine, le doute s'installe. Les rumeurs étaient parvenues aussi à leurs oreilles .... Le bonheur est fragile ... Et si notre sécurité étaient en danger ?



