Le 19 décembre 1920,
Cher journal,
L'année 1920 est arrivé. Nous changeons donc de décennie et quand j'y repense, je ne réalise pas que cela fait déjà quarante ans que je me suis installé ici. La vie file a une vitesse incroyable ... Ce début d'année a été ensoleillé et la vie a reprit son cour.




Enfin presque. Georges m'inquiète vraiment beaucoup ... Un jour, il est aimant avec son épouse, proche de son fiston et le lendemain, il est terrassé par la mélancolie et les excès de colère. J'ai tellement peur que la folie le gagne ... Mon médecin a abordé le sujet avec moi. Il est fréquent, depuis le retour des hommes, que certains ne s'en remettent jamais. Il me demande d'être vigilent sur d'éventuelles violences faite envers lui, ou envers les autres. Il me dit aussi de le préserver et d'être patient avec lui ... Bref. Mon pauvre gosse est encore, en partie, en guerre...


Et puis son venu nos anniversaires. Mon cher journal, réalises tu que la main qui t'écrit à soixante ans cette année ? Mon petit fils a bien grandit aussi, il a déjà six ans. Que le temps passe vite. A grandir, il est très proche de sa maman ... et également de moi-même. Je suis fier de ce petit, il ressemble tellement à son papa. Et très bientôt nous allons accueillir un autre bébé au sein de notre foyer, Justine est enceinte. Tout le monde est heureux ... pourtant je remarque une réserve chez Georges ... Une fois de plus, il est ambivalent. Un jour il s'intéresse au ventre arrondi de son épouse, et le lendemain il ignore complètement la grossesse de celle-ci ... Comme c'est difficile à vivre ...







Le 7 septembre 1920, nous avons célébré le mariage de Joséphine et Michel. Comme ils sont beaux ... un merveilleux couple remplis d'amour l'un pour l'autre. Cela me rappelle ma Phélomène et moi ... Ainsi, Monsieur Michel Bell est rentré officiellement dans notre famille. Nous avons passé l'après midi tous ensemble.




Pour la cérémonie, nous nous étions mit sur notre 31. Cela fait du bien de passer des journées comme celle ci ... avec un bonheur intense.


Parmi les invités, il y avait évidemment Honorine, Marie, Mireille, Pierre et Louise.

Victorine est arrivée avec son époux Arthur et leur jumeaux qui ont eux aussi prit 6 ans cette année. Marcel, René et André sont très proches de par leur âges si rapprochés. C'est beaux de voir leur complicité. J'espère qu'elle durera en grandissant. Et la grande nouvelle, c'est que leur troisième petiot est en route.




Apolline, accompagné d'Auguste et de leur deux enfants, était là aussi. Et dans quelques moi, la famille va s'agrandir également chez eux. L'année 1921 promet d'être riche en naissances.


Etaient présents aussi mes amis de toujours. Adélaïde est venue avec son second fils François ... De la voir ainsi me rappelle a quel point je la trouvais jolie, il fut un temps. Je ne te cache pas mon cher journal, que j'ai des pensés. Aujourd'hui veufs tout les deux, il me semble que mon cœur pourrait aimer cette femme ... cette seule femme. Mais je ne sais pas ses sentiments envers moi ... et je ne voudrais pas briser quarante ans d'amitié. Adélaïde a rassuré Justine pour son prochain accouchement, elle sera présente... Ma pauvre Phélomène n'étant plus là ... Et évidemment, Victor a répondu également présent. Il était accompagné de son épouse et de ses deux filles.



Puis est venu le moment de dire au revoir à Joséphine ... Désormais mariée, elle va créer elle aussi son foyer dans une jolie demeure. On peut dire qu'elle commence bien dans la vie ma petite... Pourtant, nous ne sommes pas des familles aisées mais nous avons fait une affaire. Nos deux familles ont participé et je suis fier d'avoir pu permettre à ma fille et mon nouveau fils d'acquérir une jolie maison.


Puis la fin d'année s'est déroulée comme elle avait commencé. Marcel est un enfant joueur ... il espère un petit frère. Il est attentif à sa maman ... j'aime le regarder grandir. Par contre ... ce que j'aime moins, c'est voir mon Georges se refermer sur lui-même. Il travaille jour et nuit ... il a acheté récemment une machine à écrire. Ca lui sera d'après lui, très utile pour le travail ... J'ai l'impression que seul le travail compte. Lui me dit que "Grâce à lui, il oublie les horreurs qu'il a vu". Que j'aimerai pouvoir prendre ses démons ....




