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1932

Le 27 décembre 1932,

Cher Journal,

Comment pourrais-je décrire cette année ? Elle s'est déroulée telle une tempête ravageant une ville. Et cela a commencé dès le 17 janvier. Ma pauvre mère a ressenti les premières contractions. Le bébé allait naître. Tout le monde était content ... j'ai fait sortir mes petits frères et Jacqueline en allant nous promener pendant que mon père partait chercher tata Yvette pour aider maman à l'accouchement. Avec Eugène, Raymond et Jacqueline, nous avions passé une belle après-midi ... Nous sommes rentrés à la maison. Et là ...nous avons vu notre père pleurer de douleur. J'ai demandé ce qu'il se passait, il était incapable de répondre tellement les sanglots l'empêcher de parler. Très vite, tata Yvette nous a rejoins ... et d'un signe de tête, j'ai comprit. Maman avait perdu la vie. J'ai demandé à voir le bébé ... Je l'avais décidé: l'enfant n'y était pour rien et je l'aurais prit sous mon aile ... comme j'ai prit Eugène, Raymond et Jacqueline avant ça. Mais ... mon père, après une grande respiration, m'a fixé les yeux inondés de larmes et m'a dit " Il n'y a pas de bébé non plus". Ainsi ... Ce 17 janvier, je perdais ma mère, ma formidable maman, et le bébé qu'elle chérissait tant déjà, une petite Angèle.

Les jours, et les semaines qui ont suivit ont été très difficiles pour tout le monde. Tu ne peux pas savoir à quel point j'ai souffert. Tout d'abord, parce que moi aussi, je venais de perdre ma mère ... mais je devais avoir les épaules assez larges pour aider mes frères et ma soeur à surmonter leurs chagrins. Les pauvres petits était tout simplement inconsolables ... Peut être que pour Jacqueline, ce fût moins douloureux. A seulement deux ans, elle s'en remettra. Mais aussi, parce que ce père ... l'homme "parfait" qu'il avait voulu être envers ses plus jeunes fils n'assumait absolument pas sa peine. Depuis le décès de maman et pendant plusieurs mois, il déambulait en robe de chambre constamment de la maison à sa tombe. Il ne faisait rien de plus ... Plus aucune corvées, ni ne montrait d'intérêt à ses enfants.

Heureusement, durant cette difficile période, j'avais le soutient de mon Antoinette. Au moins d'avril, j'ai eut dix-huit ans ... Tout comme mes cousins André et René.

Et ... dès le mois de mai, j'ai prit mon Antoinette pour épouse. Ce fut l'occasion d'inviter la famille pour l'évènement.

Tout le monde a répondu présent sauf mes cousines Marie et Simone. Marie, je ne l'ai pas invité ... il me semble que le temps à fait que nous avons coupé les ponts avec elle. Pour Simone, elle n'a pas pu venir ... elle avait d'autres obligations dans sa belle-famille. Le reste de la famille a pu venir, et je dois bien dire que cela m'a fortement réjouis.

Evidemment, et parce qu'il habite avec nous, mon père était également présent. J'ai dû me fâcher avec lui pour qu'il daigne mettre une tenu convenable lors de la cérémonie. Il s'est habillé mais n'a fait aucun effort pour le reste. Il ne parlait à personne. J'avais espoir que Tante Honorine arrive à le raisonner mais même pas ... Il s'est enfermé dans sa chambre dès le début de la journée. Il en est ressorti que pour la photo familiale ... Et il y fait la tête. Mon cher Journal, tu ne peux pas savoir comme il me désespère. Les années passent et il continu de me décevoir. Bref... jamais je n'oublierai ce jour ... Mon Antoinette était si belle. Et en plus tu mariage, nous avons fait fait une annonce. Effectivement, si nous nous marions si tôt, c'est parce que mon épouse, en plus de l'aimer tendrement, attendait un enfant.

Durant l'été, j'ai décidé de rénover la chambre du bas. En effet, bien qu'il a essayé de faire des efforts ... mon père n'a pas réussi à surmonter sa peine. Fin juillet, et sans réelle étonnement, il est parti. Une fois de plus. Cette fois-ci, en y laissant un mot sur la table:

" Fils, je suis désolé mais la perte de ta maman m'est insupportable. Je dois m'en aller pour tenter de l'oublier. Prends bien soins des enfants." 

Signé papa. Pfff ! J'avais tant envie de déchirer ce mot ... mais mes petits frères avaient le droit de connaître enfin qui est leur père ! Eux aussi sont désormais des enfants abandonnés. Je resterait près d'eux ... je ferai office de leurs papa ... tout comme l'était pépère envers moi.

Et puis, la vie a continué. Antoinette et moi avions déjà la responsabilité de trois enfants à a peine dix-huit ans. Autant te dire que notre vie était bien rempli. Pourtant, j'adorais ça. 

A la mi-septembre, Antoinette souffrait déjà de légères contractions. Cela m'étonnait ... D'après mes calculs, le bébé devait arriver dans le mois d'octobre. Bien que je n'en parlais à personne, j'avais peur. Peur que cela se reproduise. J'avais perdu ma mère lors d'un accouchement, je redoutais tellement celui d'Antoinette. J'étais prêt à être papa mais je n'étais pas prêt à perdre mon épouse. Ma femme semblait sereine et ses contractions ne l'étonnait pas plus que ça. D'après elle, ca arrive. Le 19 septembre, le moment était venu.

Eugène et Raymond sont partis en courant chez nos voisins. C'est Charlotte, la fille de Victor, le meilleur ami de pépère, qui est venue. Tata Yvette ne voulait plus assister les accouchements depuis la mort de maman ... et je ne devrais pas te l'écrire mais cela est préférable. Je ne lui aurais pas fait confiance. Bref ... Enfin bon. Le destin est parfois cruel. J'ai parfois l'impression que le sort s'acharne sur moi .... Vois-tu, je pense être une bonne personne et pourtant, tout ce que je récolte de ma gentillesse ne sont que des malheurs. Antoinette a souffert durant des heures et des heures. L'accouchement se déroulait mal ... Charlotte a hurlé d'aller chercher le médecin d'urgence. J'y suis parti en courant, suivi de près par Eugène qui pleurait ... Nous avons chercher le médecin durant deux longues heures. A notre arrivé, j'ai entendu des cris. Des pleurs de bébé. J'étais soulagé. La délivrance avait eut, malgré tout, lieu.

Le médecin a frappé à la porte et Charlotte a répondu "d'entrer" de façon paniquée. Le médecin m'a regardé et m'a fait signe de ne pas le suivre. Je ne voyais rien mais j'entendais tout. " Olala" ... " Mais que s'est-il passé ici?" ... "C'est pas bon du tout".... Je me sentais moite ... mon cœur battait a une vitesse folle... je sentais le malaise arriver. Puis, j'ai vu la petite main de Raymond prendre ma main ...Pour une fois, c'est pas moi qui allait le réconforter mais lui, qui venait me soutenir dans cette épreuve. Je ne sais pas pourquoi, mais cela me donna l'impression d'aller mieux et d'attendre. Deux longues heures plus tard ... le médecin est sorti ... Il est venu vers moi et m'a dit " Félicitation jeune homme, vous avez deux fils en parfaite santé ". Je n'avais aucune réaction, j'attendais pour Antoinette. Puis il a ajouté " Votre épouse est épuisée ...Elle va allait mieux". Mes jambes ont flanchi, Antoinette était en vie ... je pleurais de joie. Je sentais la main du médecin sur mon épaule ... " Vos fils seront vos seuls enfants, c'était le seul moyen de sauver votre femme". Evidemment, je senti une douleur au plus profond de moi ... j'aurais aimé avoir d'autres enfants un jour mais ... finalement le plus important était que mon Antoinette soit en vie. Nous serons heureux avec nos fils que nous avons baptisés Philippe et Francis.

 

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