Le 17 décembre 1933,
Cher journal,
Qu'ai-je fait au destin pour qu'il me punisse autant ? Tant de malheur en si peu de temps ... D'accord, je suis plutôt quelqu'un d'optimiste mais je dois bien te l'écrire, je suis terrassé dans mon chagrin. Mon Antoinette était une mère formidable pour nos bébés ... et elle était aussi une belle-mère fabuleuse pour mes frères et soeurs. Pour moi, elle était mon tout ... J'avais tellement d'amour pour elle ... que mon cœur me semble vide désormais ... Depuis ce 20 octobre 1933. Mon Antoinette a eut un accident en ville ... Elle s'est faite renversée par une voiture ... le conducteur ne l'aurait pas vue. Je suis tellement en colère et tellement épuisé par mon chagrin.
Vois-tu, je n'ai même pas l'envie, ni même les mots d'écrire quoi que ce soit sur cette année ... J'espère seulement avoir la force et le courage de survivre à mon Antoinette. Pour la première fois, je peux comprendre le comportement de mon père suite à ses divers malheurs. J'ai honte de te l'écrire, mais c'est vrai, j'y ai pensé: Partir loin, très loin pour oublier !Mais je m'accroche ... parce que contrairement à moi, les gosses ne peuvent pas compter sur leur mère; ils n'ont que moi. Cinq gamins, eux aussi dévasté par la mort soudaine de leur maman et repère maternel.








