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1917

Le 8 décembre 1917,

Cher Journal, 

1917 ... que dire ? Une nouvelle année d'attente. Beaucoup de tristesses dans le village ... il y a peu, nous avons été bombardés non loin de chez nous. Une jeune mère de 4 enfants, ainsi qu'une pauvre gosse en sont mortes. Dans quelle périodes vivons nous ? Quand cela va se terminer ? Le quotidien est pesant ... Nous sommes tous terriblement inquiet. Une once d'espoir pourtant me redonne le courage d'attendre: cette année, nous avons l'aide des américains ... J'espère que bientôt nous pourrons tous resserrer nos fils dans nos bras. En attendant, nous profitons des gosses ... tous autant adorable les uns que les autres.

Marcel, Simone et Jean s'entendent parfaitement bien.

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Les petits d'Honorine retrouvent peu à peu le sourire. Ma pauvre fille fait bonne figure mais je vois que malgré cela, l'idée de ne jamais revoir Emile la ronge... Un jour peut être son cœur guérira ...

1917

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Ma jeune Victorine est une mère tellement organisée désormais. Les jumeaux n'ont plus de secrets pour elle ... et récemment, j'ai entendu le petit André dire "papa" à sa grand-mère. Il parait que Victorine raconte chaque soir une "histoire de papa" à ses deux petits garçons. Cela me fait penser que nous ne parlons que très peur de George devant Marcel .... Peut être est-ce une erreur?

1917

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Chez nous, nous attendons patiemment le retour de Georges. Chacun vaque à ses occupations. Joséphine s'est mise en tête d'apprendre des tours à Fifi ... pour que son frère soit fier de voir son chien devenu terriblement intelligent. Augustine n'abandonne pas sa passion des fleurs, tandis que Justine s'occupe de son unique fils. Elle a peur qu'il ne soit le seul ... Plus le temps passe, plus elle se voit veuve. Elle nous a promis que quoi qu'il arrive, elle resterait une "De Lahaute" ... Je suis fier de ma belle-fille, elle est une fille bien. De son coté Phélomène en perd physiquement. Mon épouse est fatiguée, j'ai peur qu'elle se laisse aller ... Ne plus revoir George serait une déchirure, tout comme Jr. L'attente nous est insupportable.

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Ce 1er décembre, nous avons reçu enfin des nouvelles de Georges, et par la même occasion d'Auguste, l'époux d'Apolline:

"Ma bien-aimée, Mes chères soeurs, Mes parents, 

J'ai l'honneur de vous écrire cette petite lettre pour vous donner de mes nouvelles. Je me porte bien pour le moment ... les temps sont difficiles mais je surmonte les épreuves les unes après les autres. J'espère que vous allez bien aussi, et que le petit grandit bien. La pensée de tous vous revoir m'aide à lutter, j'espère voir ce jour venir rapidement. Auguste se joint à moi pour vous embrasser. Je n'ai plus rien à vous dire pour le moment, recevez mes plus affectueuses salutations. Georges."

Cette lettre, nous la serrons précieusement dans nos mains ...En attendant de les prendre dans nos bras. La lettre de Georges a provoqué chez Phélomène une émotion. Elle est venu près de moi ... m'a prise les mains ... avant d'ajouter: "Oublions le passé ... je veux simplement serrer mes garçons sur mon coeur." Puis, elle a posé sa tête sur mon coeur.

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